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Tissus pour vêtements de travail : sergé, gabardine, toile, ripstop et grammage

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Tissus pour vêtements de travail : sergé, gabardine, toile, ripstop et grammage

Dans un cahier des charges, un tissu pour vêtements de travail se définit par trois données : l'armure (sergé, toile, ripstop), la composition (par exemple 65 % polyester, 35 % coton) et le grammage en grammes par mètre carré. Appeler un tissu « gabardine » ou « toile » n'en donne aucune. Voici le comportement de chaque tissu sur le terrain, ce que dit et ne dit pas le grammage, l'effet du lavage, et les lignes à écrire avant de demander des devis.

En bref

Pour les pantalons, vestes et combinaisons de travail courants, le tissu le plus répandu est un sergé 65 % polyester, 35 % coton d'environ 200 à 270 g/m² ; la gabardine en est une version très serrée. La toile épaisse résiste le mieux au béton, le ripstop léger convient aux postes chauds et mobiles, et les mélanges riches en coton absorbent mieux la sueur. Le polycoton rétrécit peu et supporte le lavage industriel ; face au soudage, aux étincelles ou à la flamme, il faut un tissu certifié EN ISO 11611 ou EN ISO 11612.

Mis à jour:

L'armure d'abord : sergé (gabardine), toile (canvas) et ripstop

Un tissu tissé croise deux nappes de fils : la chaîne, dans la longueur, et la trame, en travers. Leur mode d'entrecroisement s'appelle l'armure, et il règle le comportement du tissu sur le chantier avant même qu'on parle de grammage.

Dans l'armure toile, la trame passe alternativement au-dessus et au-dessous de chaque fil de chaîne. Aucune autre armure ne lie ses fils en autant de points, aucune n'est donc plus serrée. Le canvas, toile épaisse et résistante, est tissé ainsi ; le duck en est la variante aux fils encore plus tassés, et la grosse toile de coton reste courante pour les vêtements de travaux lourds. Avec tous ces points de liage, une toile est plus raide, tombe moins bien et se défroisse moins qu'un sergé.

Le sergé, ou croisé, décale son point de liage d'un fil à chaque rang, ce qui trace des côtes en diagonale sur l'endroit. Dans un sergé 2/1, lu « deux pris, un laissé », chaque fil de chaîne passe sur deux fils de trame puis sous un seul, et la chaîne domine l'endroit ; le 3/1 et le 2/2 sont les autres constructions courantes. Moins liés, les fils gardent du jeu : le tissu tombe plus souplement, se défroisse mieux, et sa surface striée cache mieux les salissures. C'est pourquoi la plupart des pantalons, vestes et combinaisons de travail sont en sergé. Les fiches techniques en anglais appellent souvent drill un sergé de coton robuste pour uniformes et vêtements de travail.

La gabardine est un sergé très serré : beaucoup plus de fils de chaîne que de trame, une diagonale nette sur l'endroit, un envers plus lisse. D'abord tissée en laine, elle est aujourd'hui, pour le vêtement de travail, en coton, en polyester ou en mélange des deux. Chez un fournisseur de vêtements de travail, le mot désigne en général un sergé dense en polycoton ou en coton, pas une laine de costume. Serrée, elle est déperlante, pas imperméable.

Le ripstop se reconnaît d'ordinaire à son fin quadrillage : au tissage, on insère un fil de renfort plus résistant, souvent plus épais, en général tous les 5 à 8 millimètres. Quand un clou ou une arête de tôle perce le tissu, la déchirure bute sur le fil de renfort suivant au lieu de filer de l'ourlet au genou. Tout quadrillage n'est pas du ripstop : dans les tissus antistatiques, le fil conducteur dessine un carreau semblable, espacé de quelques millimètres. La fiche technique tranche.

Les tissus comparés, par vêtement et par poste

Pantalons et combinaisons sont les plus exposés : genoux, fond et entrées de poches frottent tous les jours. Une chemise ou un tablier doit surtout bien supporter le lavage et rester agréable, une veste ou une couche intermédiaire se juge au vent et à la pluie. Le tableau compare huit tissus courants sur le terrain, avec les mêmes critères pour chacun.

Pour la polaire, les mentions 100, 200 et 300 sont le grammage : une polaire 300 pèse environ 300 g/m² et tient nettement plus chaud qu'une 100. Le softshell se juge moins au grammage qu'à sa construction : demandez comment la face extérieure gère le vent et l'eau, et si l'intérieur est une polaire ou une couche respirante.

Tissus pour vêtements de travail : construction, points forts, limites et usage courant
TissuConstructionPoint fortLimiteUsage courant
Gabardine / sergéSergé dense à côtes diagonales (2/1, 3/1, 2/2)Résiste à l'abrasion, cache la saleté, se défroisse bienDéperlant mais pas imperméablePantalons, vestes, combinaisons, uniformes
Toile / canvas (duck)Armure toile dense, surtout en cotonFace extérieure épaisse et résistanteRaide, tombe moins bien qu'un sergé, lente à s'assouplirPantalons, vestes et vêtements d'extérieur pour travaux lourds
RipstopFils de renfort tissés tous les 5 à 8 mmEmpêche les petites déchirures de s'étendre, solide pour un grammage faiblePas imperméable ; un ripstop fin s'use plus vite qu'un tissu lourdPantalons d'été, vestes de terrain, uniformes
Polyester-coton (65/35, 50/50)Le plus souvent sergé, toile ou ripstopRétrécit et se froisse peu, supporte le lavage industrielAbsorbe moins la sueur quand la part de polyester monte ; le polyester fond au-delà de 250 °CLa plupart des vêtements de travail d'usage courant
100 % cotonSergé, toile ou canvasAbsorbe la sueur, toucher douxRétrécit nettement s'il n'est pas prérétréci, se froisse viteAmbiances chaudes, travail qui fait transpirer, vêtements en toile
Stretch (fibre élastique ou mécanique)Fibre élastique ajoutée (élasthanne, élastolefine, élastomultiester) ou élasticité venue du fil et de l'armureLiberté de mouvement à genoux et bras levésLa fibre élastique doit convenir au mode de lavage ; un stretch très léger s'amincit viteMontage, installation, travail à genoux
SoftshellFace extérieure tissée, souvent doublée d'une polaire ou d'une couche respiranteCoupe le vent, laisse glisser la pluie légère, extensiblePas imperméable, se déchire plus facilement sur les arêtes vivesCouche intermédiaire ou extérieure, postes entre chantier et bureau
PolaireMaille polyester grattéeLégère et chaude, retient très peu d'eau, sèche viteLaisse passer le vent ; les qualités d'entrée de gamme boulochentCouche intermédiaire sous une veste, entrepôts intérieurs

Le grammage (g/m²) : léger, moyen et lourd

Le grammage, noté g/m² (GSM dans les fiches en anglais), est la masse d'un mètre carré de tissu en grammes. Les laboratoires le mesurent sur de petites éprouvettes selon l'EN 12127. Si un catalogue parle en onces, 1 oz/yd² vaut environ 33,9 g/m² : 8 oz font à peu près 271 g/m², 10 oz 339 et 12 oz 407.

Le tissu se vendant au mètre linéaire, certains devis donnent un poids au mètre linéaire : ne confondez pas les deux. En 150 cm de large, un mètre linéaire fait 1,5 m² ; 360 grammes au mètre linéaire donnent donc 240 g/m².

Aucune norme ne définit léger, moyen ou lourd. Les fourchettes ci-dessous viennent des catalogues actuels de deux tisseurs européens de tissus de travail. Le premier annonce sa gamme travail entre 180 et 360 g/m², sa gamme polycoton entre 150 et 300 g/m². Chez le second, les tissus de travail vont de 110 à 315 g/m², et la plupart des sergés 65/35 se situent entre 170 et 260 g/m².

Le grammage seul ne mesure pas la solidité. À grammage égal, un sergé et une toile ne se déchirent ni ne s'usent de la même façon, et la torsion du fil comme la composition changent encore la donne. La solidité se lit dans les rapports de traction, de déchirure et d'abrasion. Sur la plupart des sites, une tenue d'hiver dure plus longtemps avec une couche de plus qu'avec un tissu plus lourd, et une tenue d'été gagne plus à des aérations au dos et sous les bras qu'à un tissu passé sous la fourchette légère.

Grammages courants des vêtements de travail (écart constaté dans les catalogues, pas un seuil normatif)
ClasseFourchette couranteVêtement typeCadre type
LégerEnviron 150–200 g/m²Chemises de travail, pantalons et vestes d'été, tabliers, uniformes de service et de santéLaboratoires, cuisines, lignes agroalimentaires, commerces
MoyenEnviron 200–270 g/m²Pantalons, vestes et combinaisons de travail d'usage courantLignes de montage, entrepôts et distribution, ateliers de maintenance
LourdEnviron 270–360 g/m²Pantalons et combinaisons d'hiver, vestes de travail épaissesBTP, mines, industrie lourde, maintenance en extérieur

La composition : sueur, rétrécissement, froissement et décoloration

Le mélange de référence des vêtements de travail passés en blanchisserie industrielle est 65 % polyester, 35 % coton. Pour plus de confort, les mêmes catalogues proposent le 50/50 et les mélanges à 60 % de coton ou plus. Changer la proportion joue sur quatre points.

Côté sueur, le coton décide. Il absorbe l'humidité ; le polyester ne prend presque pas d'eau et sèche vite. Plus la part de polyester monte, plus la sueur reste sur la peau au lieu de passer dans le tissu, et par temps chaud et humide on étouffe. Une brigade aux fourneaux ou une équipe sur un chantier d'été sera plus à l'aise en mélange riche en coton ou en 50/50. Sur une ligne de montage climatisée, le 65/35 gêne rarement.

Pour le rétrécissement, c'est l'inverse. Le coton pur peut nettement rétrécir au lavage, d'où le prérétrécissement habituel des tissus de travail en coton à l'usine ; ajouter du polyester réduit encore le retrait. On le mesure selon l'EN ISO 5077 : l'éprouvette est marquée, passe un cycle défini de lavage et de séchage, puis est remesurée, et la variation en longueur et en largeur s'exprime en pourcentage.

Le polyester l'emporte aussi sur le froissement. Pour un uniforme qui doit avoir l'air repassé à 9 h et encore à 17 h, les acheteurs prennent un 65/35 ou un 50/50 avec apprêt infroissable.

La décoloration vient du lavage et de la lumière. La solidité des coloris se mesure au lavage (EN ISO 105-C06), à la sueur (EN ISO 105-E04), au frottement (EN ISO 105-X12) et à la lumière (EN ISO 105-B02). Les couleurs fluorescentes haute visibilité pâlissent nettement au soleil : même en stock, rangez ces vêtements à l'abri de la lumière directe.

Une limite ne se discute pas. Le polyester fond au-delà d'environ 250 °C : sous les projections de soudure, les étincelles de meulage ou la flamme nue, un tissu riche en polyester se troue, et la fibre fondue peut coller à la peau. Retoucher la composition ne règle rien : il faut un tissu certifié EN ISO 11611 (soudage) ou EN ISO 11612 (chaleur et flamme).

L'élasticité a deux origines. La première est une fibre élastique ajoutée, le plus souvent l'élasthanne : il s'allonge de plusieurs fois sa longueur, revient en place et ne pèse en général que quelques pour cent du tissu. Les catalogues pour blanchisseries industrielles montrent deux alternatives : l'élastolefine, connue pour sa tenue à la chaleur et aux produits chimiques, et le polyester bicomposant (élastomultiester). Dans la gamme d'un tisseur, l'élastolefine compte pour 3 à 4,5 % du tissu et l'élastomultiester pour 20 à 32 %. La seconde est le stretch mécanique, où l'élasticité vient du fil et de l'armure, sans fibre ajoutée. Dans les deux cas, un stretch dont on a trop rogné le grammage pour gagner en souplesse s'amincit vite au genou.

Lavage industriel : l'EN ISO 15797 et les symboles de l'étiquette

Loués sous contrat ou confiés à une blanchisserie industrielle, vos vêtements de travail subissent un traitement bien plus dur qu'en machine domestique. L'équivalent en laboratoire du lavage domestique est l'EN ISO 6330 ; celui du lavage industriel, l'EN ISO 15797.

L'ISO 15797 décrit huit procédés de lavage et deux de séchage : séchage en tambour, et finition en tunnel ou en cabine. Personne ne les passe tous. Le laboratoire retient ceux qui conviennent à la composition et à l'usage du tissu, puis évalue variation dimensionnelle, couleur, froissement, fronces aux coutures et boulochage. La norme ne dit pas aux blanchisseurs comment laver : elle simule leur procédé sur des machines de taille intermédiaire, et admet elle-même qu'un essai sur la vraie ligne de la blanchisserie est parfois souhaitable avant de trancher.

L'édition 2017 apporte deux changements. Son domaine dépasse désormais le coton, le polyester et leurs mélanges, et couvre certains vêtements EPI. Dans les tableaux, « coton » et « polyester/coton » sont devenus « charge complète » et « charge réduite », pour que d'autres fibres puissent être testées avec les mêmes procédés.

L'EN ISO 30023 porte le résultat sur l'étiquette. Ses symboles indiquent si le vêtement supporte le lavage industriel selon l'ISO 15797, séparément pour le lavage, le blanchiment, la finition en tunnel et le séchage en tambour, et leur dessin les distingue nettement des symboles d'entretien domestique de l'EN ISO 3758. Un vêtement de protection peut aussi indiquer combien de lavages sa protection supporte ; sur un modèle d'étiquette haute visibilité, la mention est « max. 50x ».

Un pantalon lavé deux fois par semaine passe une centaine de cycles par an. Demandez au fournisseur du tissu combien de cycles, selon votre mode de lavage, couvrent ses rapports de retrait et de couleur. Une fiche qui se contente de « résiste au lavage » ne répond pas à la question.

Choisissons ensemble le bon produit pour vos équipes

Indiquez les conditions du site, la quantité et la norme exigée ; nous revenons avec des options de tissu, de modèle et d'échantillon.

Zones de renfort et coutures

Même taillé dans le bon tissu, un pantalon de travail lâche d'abord au genou, au fond et aux entrées de poches. On renforce ces zones par des empiècements et des coutures, pas en changeant de tissu. Les types de points sont numérotés et classés dans l'ISO 4915 : un cahier des charges peut donc nommer le type de point et une résistance de couture mesurée selon l'EN ISO 13935-2, au lieu de réclamer des « coutures solides ».

Si le tissu de renfort ne rétrécit pas comme le tissu principal, l'empiècement du genou fronce ou ondule dès le premier lavage. Les deux tissus doivent donc avoir été testés avec le même mode de lavage ; même quelques millimètres d'écart se voient sur une rangée de pantalons.

  • Genoux : double épaisseur de tissu ou empiècement en polyamide haute ténacité. Avec des genouillères, une poche est intégrée au renfort.
  • Entrées de poches, passants de ceinture et bas de braguette : des brides d'arrêt, courtes barrettes de zigzag très serré. Les poches à outils lourds reçoivent un fond doublé.
  • Coutures principales : coutures rabattues. Un bord est replié dans l'autre puis piqué à plat ; les bords bruts sont enfermés et ne peuvent pas s'effilocher.
  • Coutures de côté : point de sécurité deux aiguilles, cinq fils, qui pique d'un seul passage une chaînette et un surjet côte à côte ; la couture est assemblée et surjetée en même temps.

EN ISO 13688 : les exigences générales des vêtements de protection

La frontière entre vêtement de travail ordinaire et vêtement de protection est fixée par la réglementation. Le règlement turc sur l'utilisation des EPI au travail (Journal officiel du 2 juillet 2013, n° 28695), rédigé en parallèle de la directive 89/656/CEE, exclut en son article 2 les vêtements de travail ordinaires et les uniformes non spécifiquement destinés à protéger la santé et la sécurité du travailleur. Un pantalon sans revendication de protection n'a pas à satisfaire une norme EPI. Dès qu'un vêtement revendique haute visibilité, protection contre la flamme, soudage, antistatisme ou pluie, c'est un EPI, et l'évaluation des risques fixe la protection nécessaire.

Pour ce second groupe, l'EN ISO 13688 s'applique toujours. Elle pose le socle commun à tout vêtement de protection : innocuité pour le porteur, ergonomie, désignation de taille correcte, tenue au vieillissement dû à l'usage et au lavage, compatibilité avec les autres EPI, marquage correct et notice du fabricant. Elle ne s'utilise jamais seule : la revendication repose sur une norme spécifique, comme l'EN ISO 20471 (haute visibilité), l'EN ISO 11612 (chaleur et flamme), l'EN 1149-5 (antistatique) ou l'EN 14058 (ambiances fraîches), posée sur ce socle.

L'innocuité repose sur des essais concrets : pH de l'extrait aqueux du tissu, chrome VI dans les parties en cuir, libération de nickel par les pièces métalliques en contact avec la peau, et amines que peuvent libérer les colorants azoïques. Pour le vieillissement, la variation dimensionnelle après lavage et séchage se mesure selon l'EN ISO 5077, et les symboles de lavage industriel suivent l'EN ISO 30023. La taille figure sur l'étiquette sous forme d'une désignation fondée sur les mesures du corps.

La norme a remplacé l'EN 340 en 2013 ; son amendement A1 date de 2021. Il a rattaché les définitions des mesures corporelles à l'ISO 8559-1 et à l'ISO 8559-2, réécrit les règles sur les pictogrammes et ajouté ceux de la date de fabrication, de la date limite d'utilisation et de la protection contre les effets thermiques d'un arc électrique. La décision d'exécution (UE) 2023/941 de la Commission cite l'EN ISO 13688:2013 avec son amendement A1:2021 comme norme harmonisée ; le texte de 2013 non amendé a quitté cette liste le 9 juin 2024. Le TSE, organisme turc de normalisation et membre du CEN, la publie sous la référence TS EN ISO 13688.

Les questions à poser avant de choisir un tissu

Quelques questions posées au terrain avant d'ouvrir un catalogue ramènent souvent le choix à deux ou trois tissus. Par exemple : une équipe de gros œuvre peut partir sur un sergé polycoton ou une toile au-delà de 270 g/m², avec renfort polyamide aux genoux et une tenue ripstop à part pour l'été. Une ligne de montage automobile peut tourner en sergé 65/35 de grammage moyen, avec dans la zone électronique un tissu ESD à quadrillage conducteur, qui fonctionne avec des chaussures et un sol reliés à la terre (EN IEC 61340-5-1). Un entrepôt peut associer des pantalons de grammage moyen à des couches polaire et softshell, avec une classe haute visibilité fixée à part pour les quais de chargement.

  • Le poste exige-t-il une protection ? Si l'évaluation des risques demande haute visibilité, flamme, soudage, antistatisme ou pluie, on part d'un tissu EPI certifié.
  • Comment les vêtements seront-ils lavés ? À la maison, dans une laverie interne ou par un loueur. Pour le lavage industriel, cherchez un polycoton testé selon l'ISO 15797.
  • Quelle chaleur, et quelle transpiration ? Dans les postes chauds et physiques, la part de coton et l'aération passent en premier ; en local climatisé, c'est la tenue au froissement.
  • Quelle charge sur les genoux et les poches ? Pour les équipes à genoux, sergé moyen ou lourd, renfort aux genoux et stretch se décident ensemble.
  • Quel genre de salissure ? Huile et graisse demandent des teintes foncées et un apprêt anti-salissures ; sur une ligne alimentaire, on choisit des teintes claires pour que la saleté se voie.
  • Quelle durée de vie ? Si un achat doit tenir deux ans à cent lavages par an, jugez le tissu sur au moins deux cents cycles.

Ce qu'il faut écrire dans le cahier des charges

Demandez « une gabardine marine de bonne qualité » à trois fournisseurs : vous recevrez trois tissus différents, impossibles à comparer honnêtement. Les lignes ci-dessous mettent toutes les offres sur le même pied. Réclamez aussi, dans les rapports d'essai, les valeurs après lavage : un vêtement passe sa vie au cinquantième ou au centième lavage, pas au premier jour.

Pour un devis Formasan, inutile de remplir toute la liste : dites-nous où les vêtements seront portés, comment ils seront lavés, en quelle quantité et si une protection est exigée, et nous discutons des tissus sur échantillons. Une semaine d'essai d'un échantillon sur le terrain avant la série reste le moyen le moins cher de ne pas payer le mauvais tissu.

  • Composition en pourcentages (par exemple 65 % polyester, 35 % coton), avec le type et la part de toute fibre élastique.
  • Armure : sergé 2/1, sergé 3/1, toile, ripstop.
  • Grammage en g/m² et tolérance acceptée.
  • Couleur : référence de la couleur d'entreprise et lab dip ou échantillon approuvé.
  • Apprêts : déperlant, anti-salissures, infroissable, prérétréci.
  • Mode de lavage : domestique (EN ISO 6330) ou industriel (EN ISO 15797), et nombre de cycles prévu.
  • Confection : zones de renfort, types de points, emplacement des brides d'arrêt, grille de tailles et répartition par taille.
  • Pour les vêtements de protection, la norme concernée et l'EN ISO 13688.
Essais à demander dans un cahier des charges tissu
PropriétéNormeCe qu'elle montre
GrammageEN 12127Masse par mètre carré, sur petites éprouvettes
Résistance à la tractionEN ISO 13934-1Force maximale et allongement à cette force, méthode sur bande
Résistance à la déchirureEN ISO 13937-2Force nécessaire pour propager une déchirure dans une éprouvette en forme de pantalon
AbrasionEN ISO 12947-2Nombre de frottements sur appareil Martindale avant destruction de l'éprouvette
BoulochageEN ISO 12945-2Boulettes et peluchage en surface après frottement
Variation dimensionnelle (retrait)EN ISO 5077Variation en longueur et en largeur après lavage et séchage, en pourcentage
Mode de lavageEN ISO 6330 / EN ISO 15797Équivalent en laboratoire du lavage domestique ou industriel
Solidité des colorisEN ISO 105-C06, -E04, -X12, -B02Dégradation et dégorgement au lavage, à la sueur, au frottement et à la lumière
Résistance des couturesEN ISO 13935-2Force maximale à la rupture de la couture (méthode d'arrachement, dite grab)

Normes et textes de référence

  • EN ISO 13688:2013+A1:2021
  • EN ISO 15797:2018 (ISO 15797:2017)
  • EN ISO 30023:2021
  • EN ISO 6330:2021
  • EN ISO 5077:2008 (ISO 5077:2007)
  • EN 12127:1997
  • EN ISO 13934-1:2013
  • EN ISO 13937-2:2000
  • EN ISO 12947-2:2016
  • EN ISO 12945-2:2020
  • EN ISO 13935-2
  • EN ISO 105-C06:2010
  • EN ISO 105-E04:2013
  • EN ISO 105-X12:2016
  • EN ISO 105-B02:2014
  • EN ISO 3758:2023
  • ISO 4915:1991
  • ISO 8559-1
  • ISO 8559-2
  • EN ISO 11611:2015
  • EN ISO 11612:2015
  • EN 1149-5:2018
  • EN IEC 61340-5-1:2024
  • EN 14058:2017+A1:2023
  • EN ISO 20471:2013+A1:2016
  • EN 343:2019
  • EN ISO 24232:2025
  • Regulation (EU) 2016/425
  • Council Directive 89/656/EEC
  • Commission Implementing Decision (EU) 2023/941
  • Kişisel Koruyucu Donanımların İşyerlerinde Kullanılması Hakkında Yönetmelik (RG 02.07.2013, sayı 28695)
  • DGUV Information 212-016 Warnkleidung (11/2025)
S.S.S.

Questions fréquentes

  • Quels sont les principaux tissus pour vêtements de travail ?

    Les plus courants sont le sergé (gabardine comprise), la toile, le ripstop, les mélanges polyester-coton, le 100 % coton, les tissus stretch, le softshell et la polaire. Le sergé polycoton domine pantalons, vestes et combinaisons ; softshell et polaire servent de couche intermédiaire ou extérieure. Choisissez en regardant ensemble armure, composition et grammage.

  • La gabardine est-elle un bon tissu pour les vêtements de travail ?

    Oui. La gabardine est un sergé serré, l'armure la plus courante des pantalons de travail. Elle résiste à l'abrasion, marque moins la saleté et se défroisse bien. Elle est un peu déperlante mais pas imperméable ; pour un pantalon ou une veste, un grammage moyen d'environ 200 à 270 g/m² est courant.

  • Quel grammage pour un vêtement de travail ?

    Aucune norme ne fixe de seuil ; les catalogues se regroupent autour de 150–200 g/m² pour les travaux légers, 200–270 g/m² pour les pantalons, vestes et combinaisons d'usage courant, et 270–360 g/m² pour le BTP et l'industrie lourde. Le grammage ne prouve pas la solidité : regardez aussi les rapports de traction, de déchirure et d'abrasion.

  • Quel tissu choisir pour un pantalon de travail ?

    Pour un usage courant, un sergé polycoton de grammage moyen est un choix équilibré : il rétrécit peu, supporte le lavage industriel et cache la saleté. Pour le travail à genoux, ajoutez du stretch et des renforts aux genoux. Face au soudage ou aux étincelles, le polycoton n'est pas la bonne réponse : il faut un tissu certifié EN ISO 11611 ou EN ISO 11612.

  • Polycoton ou coton : lequel pour des vêtements de travail ?

    Tout dépend de la chaleur et du lavage. Le polycoton rétrécit et se froisse moins, supporte le lavage industriel, mais plus il est riche en polyester, moins il absorbe la sueur. Le coton ou un mélange riche en coton est plus confortable pour un travail physique au chaud ; le 65/35 convient en intérieur et en blanchisserie industrielle.

  • Le polycoton rétrécit-il au lavage ?

    Un peu, et bien moins que le 100 % coton, car le polyester tient les dimensions ; les tissus de travail en coton, eux, sont en général prérétrécis à l'usine. Le retrait se mesure selon l'EN ISO 5077 après des cycles qui reproduisent votre mode de lavage : inscrivez le pourcentage accepté dans le cahier des charges.

  • Le tissu ripstop est-il imperméable ?

    Non. Le ripstop est une armure, qui ne rend pas le tissu imperméable. Avec un apprêt déperlant, il laisse glisser la pluie légère ; sous une pluie durable, il faut un tissu enduit ou à membrane, avec coutures étanchées. La protection contre la pluie est certifiée depuis longtemps selon l'EN 343 ; en 2025, le CEN a publié l'EN ISO 24232 pour la remplacer : demandez selon laquelle des deux le vêtement est certifié.

  • Ripstop ou toile : quel tissu pour un pantalon de chantier ?

    La toile épaisse dure plus longtemps contre le béton, en gros œuvre et sur les surfaces dures, mais elle reste lourde et raide les premières semaines. Le ripstop est plus léger, empêche une petite déchirure de s'étendre et se porte mieux au chaud et quand on bouge beaucoup. On peut aussi prévoir deux tenues : toile ou sergé lourd l'hiver, ripstop l'été.

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