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Harnais antichute EN 361, longe et tirant d'air : guide des équipements de travail en hauteur

Guides

Harnais antichute EN 361, longe et tirant d'air : guide des équipements de travail en hauteur

Le harnais antichute, ou harnais complet, est le seul dispositif de préhension du corps admis pour arrêter une chute. Seul, pourtant, il ne protège personne. Il lui faut un point d'ancrage capable de tenir la charge, une longe qui limite l'effort transmis au corps et assez de hauteur libre en dessous pour que la chute s'arrête à temps. Deux questions relèvent donc de la préparation du chantier, pas du bon de commande : cette hauteur existe-t-elle sous le bord, et en combien de temps peut-on décrocher un opérateur resté suspendu ?

En bref

Une longe antichute mesure au plus 2 m, absorbeur d'énergie et connecteurs compris. L'absorbeur EN 355 limite la force de choc à 6 kN et s'allonge de 1,75 m au plus. Avec environ 1,5 m de l'anneau dorsal aux pieds et 1 m de marge, le cas le plus défavorable exige 6,25 m de tirant d'air sous le point d'ancrage. Si la notice du produit donne son propre tableau de tirant d'air, c'est lui qui s'applique.

Mis à jour:

Le système d'arrêt des chutes et ses normes

Tout système d'arrêt des chutes réunit trois éléments : un point d'ancrage capable de tenir la charge, un harnais antichute qui maintient le corps et un sous-système de liaison entre les deux. L'INRS, dans sa brochure ED 6110, ajoute la condition décisive : l'effort transmis au corps doit rester limité à 600 daN, soit 6 kN. C'est le rôle de la longe avec absorbeur d'énergie, de l'antichute à rappel automatique ou de l'antichute mobile sur support d'assurage.

Le règlement (UE) 2016/425 classe les chutes de hauteur en catégorie III, celle des risques pouvant entraîner la mort ou des atteintes irréversibles à la santé. C'est pourquoi un harnais, une longe ou un connecteur porte, à côté du marquage CE, le numéro à quatre chiffres de l'organisme notifié qui surveille sa fabrication. L'EN 363:2018 décrit l'assemblage des composants en systèmes et donne un exemple de chaque type : retenue, maintien au travail, accès par corde, arrêt des chutes et sauvetage.

Deux lignes du tableau méritent une seconde lecture, car d'anciens catalogues citent encore les éditions précédentes. Dans l'UE, l'EN 360:2002 a perdu sa présomption de conformité le 8 avril 2026 au profit de l'EN 360:2023, et l'EN 353-2:2002 perd la sienne le 16 novembre 2026 au profit de l'EN 353-2:2024. Quant à l'EN 795:2012, elle figure dans la liste de l'UE avec une restriction : les ancrages de type A qui nécessitent des fixations à la structure, les lignes de vie horizontales flexibles de type C et les supports d'assurage horizontaux rigides de type D ne sont pas considérés comme des EPI, et la norme ne leur confère aucune présomption de conformité. Les dispositifs de type B, sans fixation, et les ancrages à corps mort de type E échappent à cette restriction.

En Turquie, le règlement sur la santé et la sécurité au travail dans le bâtiment (Journal officiel du 05.10.2013, n° 28786) qualifie de travail en hauteur toute intervention présentant une dénivellation d'où une chute peut blesser, sans seuil en mètres. Son annexe 4 place en premier les garde-corps, plateformes, échafaudages, filets de sécurité et autres protections collectives. Les systèmes avec harnais antichute reliés à des points d'ancrage ou à des lignes de vie adaptés n'interviennent que lorsque la protection collective ne peut pas supprimer le risque, sous la surveillance d'une personne compétente désignée par l'employeur.

Normes EN des équipements de travail en hauteur et valeurs clés
NormeObjetSur le terrainValeur clé / remarque
EN 361:2002Harnais d'antichuteHarnais antichute ; points d'accrochage marqués « A »Mannequin-torse de 100 kg, chute de 4 m ; maintenu à moins de 50° de la verticale ; statique 15 kN (vers le haut) et 10 kN (vers le bas)
EN 355:2002Absorbeurs d'énergieAbsorbeur à sangle à déchirement sur la longeChute libre de deux fois la longueur de la longe : 6 kN max. ; allongement 1,75 m max. ; absorbeur, longe et connecteurs ensemble 2 m max.
EN 354:2010LongesSimple, double (en Y), fixe ou réglableStatique 22 kN (non métallique), 15 kN (métallique) ; essai de chute de 4 m pour les longes réglables
EN 358:2018Ceintures et longes de maintien au travail et de retenueCeinture de maintien, longe de poteauEssai de chute de 1 m ; statique 15 kN ; n'arrête pas les chutes
EN 360:2023Antichutes à rappel automatiqueEnrouleur antichute, simple ou doublePrésomption UE de l'édition 2002 terminée le 8 avril 2026
EN 353-1:2014+A1:2017 / EN 353-2:2024Antichutes mobiles sur support d'assurageRail d'échelle (support rigide) ou corde verticale (support flexible)Présomption de l'EN 353-2:2002 jusqu'au 16 novembre 2026
EN 362:2004ConnecteursMousquetons, crochets d'échafaudage, maillons rapides ; classes B, M, T, A, QGrand axe, doigt verrouillé : 20 kN (classe Q : 25 kN) ; petit axe : B 7 kN, M 15 kN
EN 795:2012Dispositifs d'ancrage, types A à EAncrage fixé par cheville, pince de poutre, ligne de vie horizontale, rail, ancrage à corps mortStatique 12 kN ; 18 kN avec éléments porteurs non métalliques ; +1 kN par utilisateur supplémentaire selon la CEN/TS 16415
EN 363:2018Systèmes individuels de protection contre les chutesRègles d'assemblage des composantsExemples de systèmes de retenue, de maintien au travail, d'accès par corde, d'arrêt des chutes et de sauvetage
EN 365:2004Notice, entretien, examen périodique, marquageFiche de vie du produit, registre de contrôleExamen périodique au moins tous les 12 mois

De quoi se compose un harnais antichute

L'EN 361 distingue deux sortes de sangles. Les sangles principales portent le corps pendant et après l'arrêt de la chute ; elles mesurent au moins 40 mm de large. Les sangles secondaires ne portent aucune charge : elles maintiennent les principales en place et mesurent au moins 20 mm. Les coutures sont d'une couleur contrastée, pour qu'une coupure ou une usure saute aux yeux au moment du contrôle.

Certains harnais intègrent une ceinture de maintien EN 358 avec deux anneaux latéraux. Ces anneaux servent au positionnement, par exemple pour se caler en arrière contre un poteau en gardant les deux mains libres ; on n'y accroche jamais une longe antichute. Un point qui ne porte pas le marquage « A » n'est pas un point d'accrochage antichute, aussi robuste qu'il paraisse.

Les éléments d'un harnais EN 361 courant :

  • Bretelles, qui passent du dos à la poitrine ; c'est souvent là que se règle la hauteur.
  • Sangles de cuisses, qui répartissent l'effort d'arrêt dans les jambes et se ferment par des boucles à passer ou automatiques.
  • Sangle sous-fessière, sous les fesses : c'est sur elle que l'opérateur suspendu se retrouve assis.
  • Sangle de poitrine, qui relie les deux bretelles à mi-poitrine.
  • Point d'accrochage dorsal entre les omoplates, marqué « A » : le point normal de raccordement d'une longe antichute.
  • Point d'accrochage sternal : soit un anneau unique marqué « A », soit deux boucles marquées « A/2 » qui s'utilisent toujours ensemble. S'accrocher à une seule boucle « A/2 » est une erreur de connexion.
  • Boucles et passants : une boucle ne doit ni s'ouvrir ni laisser glisser la sangle d'elle-même, et l'extrémité libre de la sangle se range dans son passant.
  • Étiquette : fabricant, modèle, numéro de lot, EN 361 avec l'année, marquage CE avec le numéro à quatre chiffres de l'organisme notifié, et pictogramme invitant à lire la notice.

Comment mettre et régler un harnais de sécurité

On règle le harnais sur la tenue la plus épaisse portée sur le chantier. Ajusté en hiver par-dessus une parka et une polaire, il flotte au printemps sur une chemise de travail : on le reprend donc à chaque changement de saison. Aucun objet dur, téléphone ou mètre ruban, ne doit rester dans une poche sous une sangle, car lors de l'arrêt la charge s'y concentre.

Des sangles de cuisses lâches changent le comportement du harnais pendant la chute. Le harnais remonte, la charge passe des cuisses à l'entrejambe et l'anneau dorsal monte vers la nuque. L'essai de chute de l'EN 361 exige que le mannequin s'immobilise à moins de 50° de la verticale, et ce résultat suppose un harnais porté et serré comme l'indique la notice.

L'usage de chaque point d'accrochage figure dans la notice du harnais. L'arrêt des chutes avec une longe à absorbeur se fait normalement sur le point dorsal. Sur beaucoup de modèles, le point sternal est prévu pour les antichutes mobiles sur rail d'échelle ou sur corde verticale, et pour le sauvetage.

Après un contrôle à la main et à l'œil (voir la partie sur les vérifications), on procède ainsi :

  • Tenir le harnais par l'anneau dorsal et le secouer pour que les sangles retombent en place et que les vrilles apparaissent.
  • Enfiler les bretelles comme un gilet. L'anneau dorsal doit se trouver entre les omoplates, au milieu du dos.
  • Passer les sangles de cuisses et les boucler sans les croiser. Ne pas se fier au clic : tirer sur la sangle et vérifier qu'elle tient.
  • Fermer la sangle de poitrine à mi-poitrine.
  • Serrer d'abord les sangles de cuisses, puis les bretelles. Ranger les extrémités dans les passants : un bout qui pend peut s'accrocher.
  • Demander à un collègue de vérifier la position de l'anneau dorsal et l'absence de sangle vrillée.

À quoi sert une longe, et quelle longueur pour une longe antichute ?

La longe est le court élément en sangle, en corde ou en chaîne qui relie le point d'accrochage du harnais à l'ancrage. Le même mot recouvre trois usages. La longe avec absorbeur d'énergie arrête les chutes (EN 354 avec EN 355). La longe sans absorbeur sert uniquement à la retenue : elle empêche l'opérateur d'atteindre le bord. La longe de maintien au travail (EN 358) entoure un poteau ou une poutre et tient l'opérateur en position.

Pour l'arrêt des chutes, la longueur totale, absorbeur, terminaisons et connecteurs compris, ne dépasse pas 2 m. Sur un point d'ancrage fixe, la longe doit comporter un absorbeur d'énergie. La plupart des absorbeurs sont faits d'une sangle pliée et cousue qui se déchire progressivement pendant la chute. Dans l'essai EN 355, une masse rigide d'au moins 100 kg chute de deux fois la longueur de la longe. La force de choc ne doit pas dépasser 6 kN et l'absorbeur ne doit pas s'allonger de plus de 1,75 m.

L'allongement de l'absorbeur dépend du facteur de chute, le rapport entre la hauteur de chute libre et la longueur de la longe. Ancrage au-dessus de la tête et longe tendue : le facteur de chute est proche de zéro. Ancrage à hauteur de l'anneau dorsal : il vaut 1, et il tend vers 2 quand l'ancrage descend au niveau des pieds. Avec une longe de 2 m, un facteur 2 représente 4 m de chute libre avant que l'absorbeur commence à travailler. Un absorbeur certifié EN 355 indique ainsi des allongements de 0 cm, 90 cm et 160 cm pour des facteurs de chute de 0, 1 et 2. Plus l'ancrage est haut, plus la charge sur le corps et le tirant d'air diminuent.

Si l'opérateur, outils et vêtements compris, pèse plus que la masse d'essai de 100 kg, on retient les valeurs du fabricant pour les masses plus élevées ; si la fiche technique n'en donne pas, on les demande au fabricant par écrit.

Passer une longe autour d'une poutre et la reconnecter sur elle-même plaque le bord de la sangle contre l'acier. Le Health and Safety Executive (HSE) britannique relève qu'une entaille de 1 mm sur le bord peut réduire la résistance d'une longe en sangle de 5 à 40 % selon le modèle, et cite comme exemple une longe passée en tête d'alouette autour d'une charpente métallique. Les nœuds affaiblissent aussi la longe : tout nœud non prévu par le fabricant compte comme un défaut.

Calcul du tirant d'air, étape par étape

Le tirant d'air est la hauteur libre qu'il faut sous l'opérateur pour qu'il ne heurte rien avant l'arrêt complet de la chute. On le compte depuis le point d'ancrage, vers le bas, et la formule additionne quatre termes : la longueur de la longe, l'allongement de l'absorbeur, la distance entre l'anneau dorsal et la plante des pieds, et une marge de sécurité. Les fiches techniques des fabricants retiennent en général 1,5 m de l'anneau aux pieds pour un utilisateur moyen et 1 m de marge.

Prenons le cas le plus défavorable admis par les normes. La longe de 2 m se tend et l'absorbeur s'allonge des 1,75 m que l'EN 355 autorise au maximum : l'anneau dorsal se retrouve 3,75 m sous l'ancrage. Les pieds pendent 1,5 m plus bas, et la marge de 1 m s'ajoute en dessous. Le système exige donc 6,25 m de tirant d'air sous le point d'ancrage.

Les deux dernières lignes du tableau demandent de l'attention. Absorbeur entièrement déployé, la hauteur nécessaire sous l'ancrage reste la même où que soit placé l'ancrage ; ce qui change, c'est la part qui se trouve sous la surface où l'on se tient. Ancrage au niveau des pieds : les 6,25 m doivent se trouver sous la surface de travail. Ancrage à hauteur de l'anneau dorsal : 4,75 m suffisent. Sur une plateforme à 4 m du sol, aucun des deux cas ne passe. La Health and Safety Authority (HSA) irlandaise note que les longes conviennent rarement en dessous de quatre mètres ; on place alors l'ancrage au-dessus de la tête, on passe à un antichute à rappel automatique ou on organise le travail en retenue.

Un produit réel peut demander moins que ce cas extrême, car l'absorbeur s'allonge moins aux faibles facteurs de chute. Un absorbeur testé à 100 kg indique, pour une longe de 2 m, un tirant d'air minimal sous l'ancrage de 4,5 m, 5,4 m et 6,1 m pour des facteurs de chute de 0, 1 et 2. Quand le produit fournit son propre tableau, c'est lui qui fait foi ; à défaut, on calcule avec les limites des normes EN.

Trois situations alourdissent le chiffre. Une ligne de vie horizontale flexible (EN 795 type C) fléchit en retenant la chute, et cette flèche, donnée par le fabricant de la ligne, s'ajoute. Travailler décalé par rapport à l'ancrage crée un effet pendulaire vers un poteau ou un mur ; l'INRS le signale en particulier pour les antichutes à rappel automatique utilisés en se déplaçant le long d'un bord. Enfin, lors d'une chute depuis une plateforme, la longe travaille sur l'arête : on choisit un produit testé pour l'arête ou on pose une protection d'arête, et on demande au fabricant le tirant d'air propre à ce cas.

Tirant d'air dans le cas le plus défavorable, longe de 2 m avec absorbeur
ÉtapeÉlémentValeurFondement
1Longueur de la longe (absorbeur et connecteurs compris)2,00 mLimite haute de l'EN 355
2Allongement de l'absorbeur d'énergie1,75 mLimite haute de l'EN 355
3De l'anneau dorsal à la plante des pieds1,50 mUtilisateur moyen des fiches techniques des fabricants
4Marge de sécurité1,00 mMarge retenue dans les fiches techniques des fabricants
5Tirant d'air nécessaire sous l'ancrage6,25 m1 + 2 + 3 + 4
6Ancrage au niveau des pieds : hauteur nécessaire sous la surface de travail6,25 mAncrage au niveau de la surface
7Ancrage à hauteur de l'anneau dorsal : hauteur nécessaire sous la surface de travail4,75 m6,25 − 1,50

Choisissons ensemble le bon produit pour vos équipes

Indiquez les conditions du site, la quantité et la norme exigée ; nous revenons avec des options de tissu, de modèle et d'échantillon.

Longe simple et longe double (en Y)

Avec une longe simple, l'opérateur qui se décroche pour franchir un obstacle reste sans protection jusqu'à ce qu'il se raccroche. La longe double a deux brins réunis en un seul point sur le harnais, d'où son nom de longe en Y. Pour passer un montant d'échafaudage, une éclisse sur une charpente métallique ou une traverse de poteau, on accroche d'abord le brin libre au-delà de l'obstacle, et seulement ensuite on décroche l'autre : l'opérateur n'est jamais sans ancrage.

L'endroit où l'on range le brin inutilisé compte aussi. La notice d'un fabricant avertit que l'accrocher sur le harnais peut empêcher l'absorbeur de se déployer entièrement lors d'une chute ; seule exception, le point de rangement prévu à cet effet sur certains harnais. Accrocher le brin libre à l'anneau sternal, à un porte-matériel ou à la ceinture est donc une erreur.

Chaque brin d'une longe double obéit à la même limite de 2 m, et le tirant d'air se calcule comme pour une longe simple.

Pour une demande de devis d'équipements de travail en hauteur à Formasan, quelques informations permettent d'obtenir le bon produit du premier coup : la plage de poids des utilisateurs avec leurs outils, la répartition des tailles, les points d'accrochage nécessaires (dorsal seul, dorsal et sternal, ou avec ceinture de maintien), le type de longe (simple ou double, fixe ou réglable), l'ouverture du connecteur (un crochet à grande ouverture pour tube d'échafaudage, par exemple) et la plus faible hauteur de travail, qui montre dès la commande si le tirant d'air suffit.

Maintien au travail, retenue et arrêt des chutes : les différences

La retenue empêche la chute de se produire : la longe est réglée pour que l'opérateur ne puisse pas atteindre le bord d'où il tomberait. Sans chute, pas de tirant d'air à calculer, mais la longueur de longe se vérifie pour chaque point de chute (rive de toiture, trémie, puits de lumière), et elle change à chaque déplacement de l'ancrage.

Le maintien au travail tient l'opérateur sur une sangle tendue pour qu'il garde les deux mains libres. On l'utilise sur les poteaux, dans les arbres, en tête de pilier et sur les coffrages. L'EN 358 teste la ceinture et la longe avec une chute de 1 m, contre 4 m pour un harnais antichute : l'écart montre que le matériel de maintien n'est pas conçu pour une longue chute libre. La réglementation irlandaise exige en outre qu'un système de maintien au travail soit doublé d'un système de secours qui empêche ou arrête la chute.

L'arrêt des chutes stoppe une chute déjà engagée et exige un tirant d'air en dessous. L'INRS énonce aussi la règle inverse : un système d'arrêt des chutes sert uniquement à arrêter les chutes, ni à se suspendre pour travailler, ni à se tenir pendant une ascension. Pour les monteurs de lignes qui travaillent sur poteau, la bonne configuration associe un harnais antichute avec ceinture de maintien EN 358, une longe de maintien autour du poteau et une liaison antichute distincte.

Vérification avant usage, fréquence des contrôles et durée de vie

L'EN 365:2004 demande un examen périodique au moins tous les douze mois. Le HSE est plus exigeant pour les longes en sangle avec absorbeur : une inspection approfondie au moins tous les six mois, et au moins tous les trois mois pour les longes d'usage fréquent. L'intervalle court compte surtout dans les travaux durs : démolition, montage de charpente métallique, échafaudage, pylônes en acier hérissés d'arêtes et de saillies. Le contrôleur doit avoir réellement le pouvoir de mettre un équipement au rebut, et chaque pièce porte un identifiant permanent relié à son historique.

Une longe qui a arrêté une chute n'est jamais réutilisée. Selon le HSE, elle est retirée immédiatement, puis détruite ou renvoyée au fabricant. Un équipement dont l'identification est illisible, qui n'a pas de preuve d'inspection par une personne compétente au cours des six derniers mois, ou sur la sécurité duquel pèse le moindre doute, est lui aussi mis de côté jusqu'à ce qu'une inspection approfondie décide de son sort.

La durée de vie est fixée par le fabricant, et les chiffres varient. Un fabricant limite sa longe réglable avec absorbeur à 5 ans à compter de la première mise en service ; un autre annonce 10 ans pour sa longe double avec absorbeur. La HSA conseille de mettre au rebut tout équipement qui a dépassé la date limite donnée par le fabricant. Les recherches sur lesquelles s'appuie le HSE n'ont pas trouvé d'âge net à partir duquel une longe en sangle cesse d'être sûre : une longe encore loin de sa limite mais entaillée, marquée par la chaleur ou attaquée par un produit chimique est retirée le jour même.

Le règlement turc sur la sécurité dans le bâtiment impose de contrôler et d'entretenir régulièrement les équipements de travail en hauteur et interdit ceux qui ne conviennent pas, sans fixer d'intervalle. La fréquence découle de l'évaluation des risques et de la notice du fabricant ; les intervalles ci-dessus forment un bon point de départ.

Le HSE décrit précisément les défauts à rechercher :

  • Entailles de 1 mm ou plus sur les bords
  • Usure de la face de la sangle ou des boucles cousues, plus grave quand elle est concentrée en un point
  • Coutures coupées ou usées
  • Tout nœud non prévu par le fabricant
  • Attaque chimique : surface qui s'écaille, zones ramollies, changement de couleur
  • Dommages dus à la chaleur ou au frottement : fibres brillantes, vitrifiées, plus raides que le reste
  • Absorbeur qui a commencé à s'ouvrir, par exemple une courte amorce de sangle de déchirement visible
  • Saleté, grains ou sable incrustés, qui usent la sangle de l'intérieur comme de l'extérieur
  • Mousquetons, maillons rapides et crochets d'échafaudage déformés ou endommagés
  • Dégradation par les UV : difficile à repérer ; une couleur passée et une surface poudreuse peuvent la trahir
Régime de contrôle des harnais et des longes (HSE INDG367 et EN 365)
ContrôleFréquencePar quiComment
Vérification avant utilisationAvant chaque utilisationUtilisateurÀ la main et à l'œil, sous un bon éclairage ; toute la sangle passée entre les mains ; quelques minutes
Inspection approfondieAu moins tous les 6 mois ; au moins tous les 3 mois pour les longes d'usage fréquentPersonne compétenteConsignée sous l'identifiant unique
Inspection intermédiairePendant des conditions difficiles temporaires : peinture, produits chimiques, sablagePersonne compétenteSelon l'évaluation des risques ; consignée
Examen périodique (EN 365)Au moins tous les 12 moisPersonne compétenteSelon la notice du fabricant ; registre tenu

Syndrome du harnais et plan de sauvetage

Une chute arrêtée ne clôt pas l'accident. Chez un opérateur suspendu immobile dans son harnais, le sang s'accumule dans les jambes et irrigue moins le cerveau, le cœur et les reins. La HSA situe la perte de connaissance entre six minutes et deux heures environ, avec un décès possible en quelques minutes dans le pire des cas. Un bulletin de l'Occupational Safety and Health Administration (OSHA) américaine cite des travaux montrant que la perte de connaissance et la mort peuvent survenir en moins de 30 minutes.

Un opérateur conscient qui attend les secours doit bouger les jambes. Selon l'OSHA, faire travailler les muscles des jambes limite l'accumulation du sang, et un appui pour les pieds peut soulager la pression et retarder les symptômes. Toute personne secourue est vue par un professionnel de santé, même sans symptôme, car des effets différés comme l'insuffisance rénale ne s'évaluent pas sur place.

La protection de la tête fait partie de la même préparation : un opérateur qui se balance au bout de sa longe peut heurter la structure ou l'arête. La HSA demande que les casques portés avec un système de protection individuelle contre les chutes aient une jugulaire qui les empêche de tomber.

Ce qui réduit le temps passé suspendu, c'est un plan de sauvetage établi avant le début des travaux. Le règlement turc sur le bâtiment impose de traiter les chutes de hauteur dans le plan d'urgence, et la HSA prévient que les services de secours risquent de ne pas atteindre à temps un opérateur suspendu : le chantier ne peut donc pas compter sur eux. Le plan doit répondre à ces questions :

  • Qui rejoint l'opérateur tombé, et en combien de minutes ?
  • Avec quoi : kit de sauvetage, descendeur, plateforme élévatrice mobile de personnel (PEMP), échelle ?
  • Où le sauveteur s'ancre-t-il, et comment son propre risque de chute est-il maîtrisé ?
  • Qui donne les premiers secours une fois l'opérateur au sol, et comment appelle-t-on l'aide médicale ?
  • À quand remonte le dernier exercice qui a mis ce plan à l'épreuve ?

Normes et textes de référence

  • EN 361:2002
  • EN 355:2002
  • EN 354:2010
  • EN 358:2018
  • EN 360:2023
  • EN 353-1:2014+A1:2017
  • EN 353-2:2024
  • EN 362:2004
  • EN 795:2012
  • CEN/TS 16415:2013
  • EN 363:2018
  • EN 365:2004
  • Regulation (EU) 2016/425
  • Commission Implementing Decision (EU) 2024/2599
  • Commission Implementing Decision (EU) 2026/1279
  • HSE INDG367 Inspecting fall arrest equipment made from webbing or rope
  • HSA Guide to the General Application Regulations 2007, Part 4: Work at Height
  • INRS ED 6110 Prévention des risques de chutes de hauteur (2019)
  • OSHA SHIB 03-24-2004 Suspension Trauma/Orthostatic Intolerance
  • Yapı İşlerinde İş Sağlığı ve Güvenliği Yönetmeliği (RG 05.10.2013, 28786)
S.S.S.

Questions fréquentes

  • Quelle est la norme d'un harnais antichute ?

    Le harnais antichute relève de l'EN 361:2002, qui impose un essai de chute de 4 m avec un mannequin-torse de 100 kg et un essai statique à 15 kN. Les longes relèvent de l'EN 354, les absorbeurs d'énergie de l'EN 355, les connecteurs de l'EN 362 et les ancrages de l'EN 795. Sur l'étiquette, cherchez EN 361 avec l'année, le marquage CE et le numéro à quatre chiffres de l'organisme notifié.

  • Comment mettre correctement un harnais de sécurité ?

    Tenez-le par l'anneau dorsal et secouez-le, enfilez les bretelles comme un gilet et vérifiez que l'anneau se trouve entre les omoplates. Bouclez les sangles de cuisses sans les croiser et fermez la sangle de poitrine à mi-poitrine. Serrez les sangles, rangez les extrémités dans les passants et demandez à un collègue de contrôler votre dos.

  • De quoi se compose un harnais antichute ?

    Bretelles, sangles de cuisses et sangle sous-fessière, sangle de poitrine, points d'accrochage dorsal et sternal marqués « A », boucles, passants et étiquette. Selon l'EN 361, les sangles principales qui portent la charge mesurent au moins 40 mm de large, et les sangles secondaires qui les maintiennent au moins 20 mm. La ceinture et les anneaux latéraux de certains modèles servent au maintien, pas à l'arrêt des chutes.

  • Quelle est la durée de vie d'un harnais antichute ?

    C'est le fabricant qui fixe la durée de vie et l'indique dans la notice, et les chiffres varient : deux fabricants annoncent 5 et 10 ans pour leurs longes avec absorbeur. L'équipement est retiré plus tôt s'il a arrêté une chute, s'il présente des coupures, des traces de chaleur ou d'attaque chimique, ou si son étiquette est illisible.

  • À quelle fréquence vérifier un harnais antichute ?

    L'utilisateur contrôle harnais et longe à la main et à l'œil avant chaque utilisation. L'EN 365:2004 demande un examen périodique par une personne compétente au moins tous les 12 mois. Le HSE, dans un guide écrit pour les longes en sangle et applicable aussi aux harnais, recommande une inspection approfondie au moins tous les 6 mois, et au moins tous les 3 mois pour le matériel d'usage fréquent.

  • Quelle est la longueur maximale d'une longe antichute ?

    Une longe antichute ne dépasse pas 2 m, absorbeur d'énergie, terminaisons et connecteurs compris (limite du système fixée par l'EN 355). Une longe sans absorbeur ne sert qu'à la retenue, pour tenir l'opérateur à distance du bord. Les longes de maintien utilisées autour des poteaux relèvent de l'EN 358.

  • Qu'est-ce qu'une longe double (en Y) et quand l'utiliser ?

    Une longe double a deux brins réunis sur un seul point du harnais : l'un reste accroché pendant que l'autre franchit l'obstacle. Accrochez d'abord le brin libre au nouvel ancrage, puis décrochez l'autre. Le brin inutilisé se range uniquement sur un point de rangement prévu à cet effet, car accroché ailleurs sur le harnais, il limite le déploiement de l'absorbeur.

  • Comment calculer le tirant d'air d'un harnais antichute ?

    En partant du point d'ancrage vers le bas, additionnez la longueur de la longe, l'allongement de l'absorbeur, la distance de l'anneau dorsal aux pieds (environ 1,5 m) et une marge de sécurité de 1 m. Avec une longe de 2 m et l'allongement maximal de 1,75 m admis par l'EN 355, on obtient 6,25 m. Si la fiche technique donne un tableau de tirant d'air, utilisez ses valeurs.

  • Quels équipements faut-il pour travailler en hauteur ?

    La base : un harnais EN 361, une longe simple ou double avec absorbeur (EN 354/355) ou un antichute à rappel automatique (EN 360), des connecteurs EN 362 et un ancrage EN 795. Selon la tâche s'ajoutent une ceinture de maintien (EN 358), un antichute mobile sur support d'assurage (EN 353-1/-2), un casque à jugulaire et un kit de sauvetage. Garde-corps et plateformes passent avant tout cela.

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